Le Chant du cygne

[ Antan voulu ]

Corrida | Béziers, Madrid
Combat de coqs | Bangkok
Boucherie Brocante | Hong Kong, Bruxelles
Mention honorable BWIPA 2026 catégorie série « Reportage »
Extraits de la série
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon
Photographie nomade - Le Chant du cygne [Antan voulu], Virginie Lançon

Ce travail documentaire entame à peine l’air du temps et convoque en fond un peu de Psychanalyse si débattue aujourd‘hui autant que d’autres controverses, à savoir le contenu de nos assiettes, la vulnérabilité des modes et appétits en tous genres, le sujet délicat des arènes, la relativité de nos passages à l’acte.
La photographie a toujours posé la question ouverte de ce qui se fixe et s’efface, capturant une temporalité déjà évanouie.
Elle est par essence, d’emblée, au passé. Sûrement obsolète. Simple témoignage. Coup d’œil fugace.
Une prise tout en lapsus.
Elle n’apporte ni réponse ni jugement et déporte juste en papier un regard ébloui sur le monde, sa beauté mêlée de pertes et tant de questions en suspens.
Elle se met à l’épreuve des nouveaux costumes de l’allégorie des Hommes, des Vanités qui changent de masque avec l’époque mais qui ne tarissent pourtant jamais leur propre fantasme : celui de Révolution de toute jeune génération qui déclame la fin de ses Pères et du monde d’avant, l’appel au chant du cygne des pratiques d’Antan.
Il s’agit dans ce travail d’exposer à la vue quelques tranches de vies, sûrement avec sa part de violence, un peu du vivant, cru, cruel, dans ses retranchements, ses saignées, ses représentations et mises en cène.
Un peu d’en chair qui réclame la prise au-delà de l’illustration.
Autrement dit, un tranchant d’œil à la Buñuel.
Colleter le regard aux négatifs et étriper ces mœurs à l’air libre.
Intercepter tout juste un peu de chaos dont la vertu serait de suivre les traces de leur disparition annoncée.
Saisir la danse des coqs et des toreros reliée à l’imaginaire de Goya, un trait de Picasso ou bien une lithographie de Viallat, danse à la fois macabre, vitale, courageuse dans la lignée viscérale d’un tirage photographique de Baldomero.
L’aveu sous-jacent de ce mouvement autopsique serait d’interroger l'étiologie du rejet et la façon dont celui-ci traverse désormais toute la pensée courante, en doctrines et dénonciations de ce qui serait au goût du jour trop archaïque voire barbare, ce que ces discours griment pourtant dans ce vœu d’extinction.
Sonder l’engouement d’un retour aux sources qui promettrait une nature sans souffrance sans cadavre.
Bousculer la chimère qu’il serait possible de s’affranchir, par là même, du cycle du vivant dans le fantasme d’une humanité auto-engendrée qui échapperait aux prises de l’Éternel retour et de la ronde des atomes.
Ainsi voilà un questionnement lancé, un pari pour l'image : celui de la métaphore.

[ Photographie nomade | Rites ]
Tous droits réservés © Virginie Lançon
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